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Récit du grand raid des pyrénées 2013

Publié le par Nicolas CERISIER

Récit du grand raid des pyrénées 2013

160 km et 10 000m de dénivelée, ça représente quoi au juste ? Tant qu’on n’a pas vécu une course de cette envergure, on ne peut pas se représenter l’ampleur de l’exploit. En serais-je capable ? J’ai dû me poser cette question au moins 10 fois par jour depuis mon abandon sur la Transkarukera Guadeloupe. Car finalement, je n’avais jamais réalisé plus de 80 kms sur une course (vulcain) soit tout juste la moitié de ce défi hors norme.

C’est donc dans cet état d’esprit d’humilité que je prends le départ de cette course aux abords de Kiki, Alex et Guillaume. Ça me change un peu de ne pas partir devant, mais c’est réconfortant d’échanger quelques blagues avec les copains. Et puis comme le fait justement remarquer le speaker, nous avons 160 km pour nous doubler !

5h, le coup de feu est donné. Nous rejoignons Pascal à la sortie de la ville. Dans la première montée, à Soulans, je double Cédric et rattrape assez rapidement Alain pour rester avec lui jusqu’au premier ravitaillement. C’est l’occasion d’échanger quelques infos sur le parcours. Il me fait part de son expérience en me prodiguant quelques précieux conseils. Nous passerons le restaurant de Merlans en 2h08 au-delà de la 100ème position.

Je repars sans l’attendre : je sais qu’il ne m’en voudra pas, nous ne sommes qu’au tout début de la course. Soutenu par Jackye et Widy et un peu plus loin par Claude (notre guide du pays basque) je double pas mal de concurrents jusqu’au col de Bastanet. Puis rien ne va plus. J’ai des soucis gastriques qui me limitent dans la descente vers Artigues. Je ne passe pas en très grande forme devant les supportrices du PEC. La longue montée vers le pic du midi me réussira mieux. Mais très rapidement dans la descente, mes soucis reprennent. Je croise Alain puis plus tard Cédric. Ils ont l’air mieux que moi me dis-je, tant mieux pour eux ! Jusqu’à Villelongue, je ne suis pas dans mon assiette, je vais bien dans les montées, mais je me limite dans les descentes, alors que techniquement j’adore ça.

Récit du grand raid des pyrénées 2013

J’avais marqué Villelongue d’une petite étoile sur le profil de course que je m’étais accroché à mon sac. Ça voulait dire : la course commence ici dans cette petite ville, au 72ème! Et je crois que j’avais vu juste. Car à partir de cet instant, je n’ai plus doublé aucun concurrent. Non, ce sont eux qui se sont résignés, leur corps leur demandant tout simplement de réduire l’allure voire de stopper l’activité. Plus les concurrents lâchaient prise, plus je prenais confiance. Le compétiteur qui sommeille en moi se réveille peu à peu.

Je retrouve Gilles et Clément venus nous soutenir à Cauterets. Ça fait du bien de voir du monde que l’on connait. Ils m’accompagnent jusqu’à la sortie de la ville, Gilles me lançant « Aller Nico, plus qu’un marathon et demi ». Vu sous cet angle-là…

La nuit fut longue car j’ai rencontré très peu de monde, mais j’étais enfin rentré dans ma course. Le lever du jour entre le col de Barèges et le restaurant de Merlans fut plus difficile à aborder. Sentier très technique, rappelant par certains aspects le GR20. A ce moment-là je suis 7ème et veux conserver ma place. La formule de Gilles résonne dans ma tête : « on n’est pas en rando là !». Et il a raison. Alors je me fais violence pour relancer dès que je le peux, même si ce n’est que pour grapiller quelques mètres.

Je pointe encore à la 7ème place au restaurant de Merlans mais j’ai repris 20 min sur les 2 concurrents devant moi depuis Tournabout. Ils ne sont plus qu’à 10 min et il reste 14 kms de descente. « Quoi, vous ne vous arrêtez pas manger un petit quelquechose ?» me demande un bénévole ? Non merci, c’est les 2 coureurs de devant que je veux manger. Je croise Catherine et Fred qui étaient au départ de leur 80 kms. Une petite accolade furtive mais chaleureuse avec eux puis me voilà parti à l’assaut d’une 5ème place. Je lâche tout dans la descente, apprenant par la suite que j’ai été plus rapide qu’Iker sur cette portion. Cependant je n’ai pas eu à les doubler, ils se sont perdus. Je franchis donc la ligne en 5ème position après 28h32 de course sous les applaudissements de Jackye, Widy et bien sur Kiki, qui n’a malheureusement pas pu finir. Une petite photo avec coach Kiki et la boucle est bouclée, lui qui m’a toujours fait confiance et a su me donner de précieux conseils.

Récit du grand raid des pyrénées 2013

Au final, une aventure humaine : à la fois solitaire, puisque j’ai couru seul dans cette magnifique montagne la plupart du temps ; et à la fois partagée, parce que tous les encouragements du "team PEC" ont été un vrai soutien. La cerise sur le gâteau, le podium mixte avec la 1ère sénior féminine ma foi très charmante, mais surtout devant un public nombreux et les supporters du PEC !

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