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Ma grande traversée 2015 - par JPBH

Publié le par Nicolas CERISIER

Bon, j’en étais où déjà ? Ah oui…

http://christian-baigue-de-l-athle-au-trail.over-blog.fr/2015/06/maxi-race-2015-ah-il-est-laaaaaaaaaa-le-jp-par-jean-pascal-bernard-herve.html

« L’avenir ? Je ne sais pas trop, j’ai quelques envies en terme de courses (La Diagonale en 2017), mais j’ai surtout l’envie fondamentale de faire désormais mes courses (en clair, à mon rythme), de me retirer ce poids et cette pression pour enfin passer sur le plaisir que j’ai aperçu sur quelques courses et surtout sur les sorties longues du dimanche matin... Je suis fait pour aller avec des gens qui sont moins forts que moi (je n’ai aucune difficulté à me mettre au service de quelqu’un par exemple, je trouve cela vraiment valorisant), ou pour courir à mon rythme.

Je n’ai finalement plus l’envie de me faire mal et de me dépasser en suivant des coureurs bien plus solides.

Ce CR m’aura servi à verbaliser tout cela. Voilà, le côté compétitif est derrière moi (là où Vincent dans son livre a manifestement réinvesti un espace de compétition avec l’ultra), je n’ai plus cette gnak, plus cette envie. C’est dit. Cela n’empêchera pas la rigueur et l’effort.

J’espère donc pouvoir mettre en pratique à l’avenir ce que j’avais dit à Christian à mon arrivée : « Les objectifs : prendre du plaisir et finir les courses, (...) j’aime juste courir en nature, si possible avec de la boue :-) ».

Oui, oui, plein de boue.»

Dois-je valider cette conclusion ?

Bon vous êtes gentils, c'est mon CR

Bon vous êtes gentils, c'est mon CR

Et comme c’est mon CR celui-ci restera sous l’égide de :

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

Donc, dois-je valider cette conclusion ? Difficile à dire, j’ai appris pas mal depuis cette course, tant à l’entrainement qu’en compétition.

Reprenons dans l’ordre s’il vous plaît...

Cela débute après la Maxi-Race avec l’envie de repartir sur les sentiers. La Maxi aurait pu mal finir, heureusement ces 5 dernières heures de course à remonter, « ramasser » ceux qui explosaient ou géraient mal leur course, m’ont relancé. Ça m’a permis d’apercevoir que sur le long je pouvais prendre du plaisir.

S'ensuit une recherche de Pierre avec Gwen, l’un comme l’autre ont une revanche à prendre, les deux contre des courses qui les ont frustrées pour des raisons différentes. Cela arrive tôt, à mi-juin nous savons déjà qu’une course nous attend en octobre. 

Ce sera la Grande Traversée, une des épreuves des 100 Miles du Sud de la France : http://100miles-suddefrance.fr/fr/

112 kilomètres, 5500 D+, 6400 D-

Départ de Vernet les Bains le 09 octobre 2015 à 17H, arrivée sous 30H (barrière horaire) à Argelès.

Bon, pour le moment, on récupère, et on se projette sur les vacances !

Le mois de juin et le mois de juillet ne seront pas studieux, quelques footings pour le plaisir, mais globalement une belle coupure ce qui sur un diesel et un physique lourd (comme un cheval mort) comme le mien n’est pas tout à fait idéal...

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

J’ai commencé, entre deux ti punch en vacances, à m’interroger sur la future prépa...

Avec un premier déclic : il faut tirer les conclusions des prépas de l’année !

Il ne m’est pas possible de suivre le rythme des coureurs du club, je ne suis pas encore prêt physiquement (le serai-je ?)... Encore trop lourd, trop fragile musculairement, et sujets aux différents pépins tendineux (tendons d’Achille en particulier), avec une capacité assez faible de récupération (pour des facteurs multiples).

Je n’arrive donc pas encore à suivre les prépas de Christian qui sont très exigeantes pour un coureur qui ne fait que rentrer dans sa deuxième année de course (et j’ai une fâcheuse tendance à faire tout ce qu’on me demande de faire en mode bon élève). Que faire ?  

- Christian est hyper engagé pour le club (au point que tout le monde pense avoir le droit de l’emmerder… ça me dépasse), chaque fois que tu lui demandes des conseils personnalisés, il est là, il m’avait déjà demandé de lever le pied à plusieurs reprises durant la prépa de la Maxi et notamment de remplacer la course par le VTT, mais lui en demander plus... Non...

- Appliquer les méthodes que l’on trouve sur le net qui ne tiendront pas compte de tes caractéristiques mais qui visent des « strates » de coureur... Non...

- Suite à l’article de Delphine, aux lectures de son blog (http://www.autourdutrail.com/) et des échanges avec Gwen, je décide de contacter Nicolas Cerisier pour qu’il m’accompagne directement dans cette aventure : 

I - La prépa :

Je contacte très simplement  Nicolas et lui expose le projet et mes questions. 

Nous échangeons par téléphone et nous mettons rapidement d’accord sur mon besoin qui est clair et dont le cahier des charges (que j’ai créé en bon administrateur scribouillard) est vaste : ce sera donc un accompagnement complet pour la  prépa après un bilan général.

Je remplis les éléments pour le bilan puis signe le contrat d’accompagnement.

Moi remettant à Nico mon coupon de remise pour le contrat de coaching. Je ne sais toujours pas si ça l’a fait rire.

Moi remettant à Nico mon coupon de remise pour le contrat de coaching. Je ne sais toujours pas si ça l’a fait rire.

Après plusieurs phases d’échanges, après lui avoir fourni mon planning complet pro/perso et de mes contraintes (respect de la vie pro très contraignante, vie de famille), après une phase d’analyse assez poussée, et l’explication de mes besoins (une prépa non traumatisante et respectant une implication maintenue avec les traileurs du club, point qu’il proposait d'emblée), et de mes objectifs (moins de 24H), je reçois de Nico via Google Drive mon plan personnalisé.

Quel confort ! Je n’ai plus qu’à me mettre sur les rails : course, muscu, VTT, WE choc; respect des mes contraintes, intégration aux sorties avec le club, tout y est !

M’y étant pris comme un manche en contactant Nico trop tard (et Nico ne trouvant rien de mieux à faire que de faire un petit trail outre-Atlantique au lieu de s’occuper de moi...), je fais mes deux premières semaines sur 12 sur la base d’un programme perso, il me reste donc 10 semaines de prépa... 

Le planning d’entrainement est bien plus lourd que mon planning réalisé sur les deux premières semaines, ok...

Ça peut impressionner mais en fait, ça va répondre pleinement à mes attentes : j’arrive à enchaîner entre chaque sortie sans difficultés.

La prépa se fera comme sur un nuage, à une période parfaite (plein été). Chaque sortie est analysée/commentée par Nico et on reprend ce qui nécessite de l’être (bon en fait Nico, est mis à contribution hyper régulièrement, j’ai toujours plein de questions ou de remarques à faire. Apparemment, à la fin de ma prépa, il aurait fait une retraite monastique de 2 semaines pour récupérer).

Pas de soucis de récupération sur le plan musculaire, une véritable découverte pour moi, et pas de problèmes majeurs sur le plan physique (un mollet qui restera sous surveillance à raison d’une séance toutes les deux semaines chez le Dr Bruneteau à Migné pour éviter que la contracture permanente ne devienne plus grave)...

Plus j’avance dans la prépa et meilleures sont mes stats et mes capacités, je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève :-)

Je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève.

Je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève.

Le seul passage de la prépa où je vais me retrouver en difficultés se situera début septembre avec un énorme coup de barre (fatigue générale) à la suite d’un bloc de 10H de course sur un vendredi/samedi/dimanche, fatigue sans impact sur l’entrainement en lui-même...

Je vais mettre deux semaines à récupérer progressivement, mais on ne prépare pas un ultra comme ça.

Au final, ce que je retiens de cette prépa c’est le confort  d’une organisation scientifique planifiée intégralement sur la base de mon planning et le fait que sur chaque entrainement je sais déjà par avance quelles vont être mes sensations car Nico l’a écrit noir sur blanc... c’est assez bluffant, ça doit être un métier non ? ;-)

Je retiens aussi tout le travail sur l’approche de la course (les entretiens téléphoniques prévus), la prépa psychologique et l’ensemble des éléments additionnels sur la nutrition, avant la course et pendant la course... n’en jetez plus !

Un exemple de petit déjeuner chez les Cerisier. Jus de Betterave, Pain des Fleurs, Thé vert.  Je suis certain qu’ils ont des toilettes sèches.

Un exemple de petit déjeuner chez les Cerisier. Jus de Betterave, Pain des Fleurs, Thé vert. Je suis certain qu’ils ont des toilettes sèches.

Mais une fois qu’on a dit ça, il faut éprouver cette super prépa le jour de la course ! Être « bien » à l’entrainement ne sert pas à grand chose...

II ­ L’avant-course 

Départ de Poitiers, 5H30 le vendredi matin, ça pique un peu et ça ne met pas dans les meilleures dispositions pour être en forme durant la course... Heureusement, j’ai fait une nuit correcte.

Pierre est avec son père, fidèle au poste pour nous soutenir comme à la SaintéLyon ;

Gwen est là mais sera un peu éteint durant la journée : cette fois, c’est lui qui subit probablement en raison d’une prépa pas aussi bonne qu’à l’habitude ;

Stéph un de nos potes aussi qui découvre le trail (oui par un 112 bornes, logique hein).

Ah j’oubliais... Gilles Chiron aussi. C’est le greffé de dernière minute.

Après sa promenade apéritive sur l’UTMB et face à la montée en puissance de la jeune garde de l’EPA (mwahaha), il s’est décidé à relancer ses vieux os pour remettre l’église au milieu du village.

Gilles Chiron et la dernière croisade - Palme d’or du montage le plus pourri des 30 dernières années, je me marre tout seul en le voyant.

Gilles Chiron et la dernière croisade - Palme d’or du montage le plus pourri des 30 dernières années, je me marre tout seul en le voyant.

Nous sommes donc 6 dans l’Espace, on s’installe à peu près confortablement et on part.

Au bout d’une heure et demie de route, énorme crampe au mollet droit ???? Je n’ai jamais eu de crampes en faisant du sport et là... La crampe a été tellement forte que j’ai du mal à marcher quand on fait une pause, la douleur restera toute la journée et sera présente durant la course. PAR-FAIT !

Nous arrivons vers 12H et nous partons déjeuner.

Le repas « envoyé », nous rentrons dans la salle pour le contrôle des sacs et la récupération des dossards, il est 14H30, la prépa commence, le stress monte un peu, quelques exercices de respiration pour supporter l’instant, allez passons à autre chose, rentrons vite dans la course.

Cette phase sera un peu pénible, impossible de siester, mais au moins tout le long de cette journée, je ne vais pas subir, je suis dans la course et assez serein.  

III- La course

Le road book :

Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Possibles points de passage si je veux faire moins de 24H (estimation sur la base de l’analyse de la course de plusieurs coureurs de l’année dernière)

Possibles points de passage si je veux faire moins de 24H (estimation sur la base de l’analyse de la course de plusieurs coureurs de l’année dernière)

Recharge en Effinov ­ protocole hydratation pour la course.

Recharge en Effinov ­ protocole hydratation pour la course.

 

Ah, un point à noter...

Le WE précédent la course, j’ai pris la décision de changer les réglages de la montre : tout sera fait pour savoir où j’en suis et gérer mon alimentation mais en aucune façon pour gérer des points de passage obligatoire.

Je sais que je ne suis pas concerné par les barrières horaires donc je prends le pli de ne regarder mon road book que sur les bases de vie pour faire le point. Mais cela ne sera en aucune façon un élément obligatoire de suivi, un élément de pression en moins pour profiter.

La tactique de course : 

La tactique est assez claire et je suis enfin prêt à faire la course seul si le rythme de mes camarades me l’impose : je pars doucement, gère ma course jusqu’au 50ème et ensuite on verra. En revanche, je suis dans l’optique de faire le dernier tiers seul quoi qu’il arrive pour profiter de ce moment. C’est vraiment ce qu’on a travaillé avec Nicolas, j’ai fait ma tactique, mais il a validé mon changement d’état d’esprit et d’approche.

Néanmoins et si je peux, sans me brûler les ailes, j’essaierai de m’accrocher à Gilles ou Gwen, je sais que Pierre et Stéph partiront trop vite.

Pierre est venu pour faire une grosse course, s’est bien préparé, mais a été un peu malade dans la semaine.

La tactique de course de Gilles m’intéresse : partir doucement et remonter progressivement, je sais que cela me correspond : si je peux courir avec lui, au chaud, ce sera tout bénef’. Je suis aussi conscient qu’il ne me sera pas possible de le suivre jusqu’au bout, il me manque quelques années de trail pour que la caisse soit là.

Le protocole alimentation : 

- Effinov, 0,5L par heure, à raison de 4 gorgées par 10 minutes,

- un cacheton de BCAA par heure,

- des barres en prévision, mais seulement si j’ai faim (et je me rendrai compte que je n’en veux pas durant la course),

- deux sticks coup de fouet pur caféine pour gérer la barre des 4/5H (celle qui m’avait pourri la course durant la Maxi-Race),

- pouvoir grignoter sur les ravitos en fonction de ce que demande le corps,

Le protocole hydratation est celui d’Alain BOUTET qui après la Maxi a gentiment pris 2H au téléphone pour en échanger, je l’ai éprouvé depuis et il a été confirmé par Nicolas CERISIER dans ses fiches pratiques.

Dans le sac :

- du PQ,

- des médocs d'urgence, hors de question de me faire pourrir la course comme à la Maxi...

- des pansements,

- mes sachets de poudre effinov (toujours un de plus que de besoin),

- les points obligatoires listés par l’organisation (notamment du chaud),

Rien de franchement superflu mais j’ai toujours tendance à en prendre un peu trop, notamment de quoi me couvrir étant un peu frileux.

Point d’info : expérience confirmée, les chaussettes épaisses de BV Sport ont tendance à « pelucher » sur des courses techniques où le pied bouge, cela provoque des ampoules. A la première base de vie, je changerai pour des Salomon city-trail assez fines et «  plus sur le pied », ce qui calmera les irritations.

Je ne mets jamais de Nok sur les pieds, je trouve que cela conduit plutôt à des ampoules car le pied glisse dans la chaussette, encore plus si la nok est mise entre les orteils.

J’ai mis pas mal de nok au niveau de l’entre-jambes/fessiers, mais j’aurais dû en remettre sur les bases de vie... on en reparlera plus tard.

Nous partons pour le départ, petite marche de 10 minutes.

Sur la ligne de départ, je remarque une chose, je ne suis pas au départ d’un trail, je suis dans le métro parisien. La mode du barbu a essaimé partout, que des barbes longues... 

Et ouais les mecs, on va bien se marrer dans quelques années…

Et ouais les mecs, on va bien se marrer dans quelques années…

 

Je me demande comment ils vont faire pour la supporter dans la course (oui je suis le spécialiste des questions cons sur la ligne de départ)...

Ici, José Garcia sur la ligne de départ et se demandant s’il va longtemps supporter sa barbe.

Ici, José Garcia sur la ligne de départ et se demandant s’il va longtemps supporter sa barbe.

Gilles, JP, Pierre, Gwen et Stéph - 5 garçons dans le vent

Gilles, JP, Pierre, Gwen et Stéph - 5 garçons dans le vent

 

Là par exemple, je me demande qui est le monsieur en rouge qui s’est incrusté sur la photo.

Le départ ­ Etape 1 ­ La montée au Canigou

 

On attaque donc d’emblée par la montée du Canigou, 11 kilomètres, 1500 de D+, pas échauffés. Un RÉ-GAL ! On a beau le savoir…

On ne part pas trop trop vite, et j’essaie de suivre Pierre et Stéph.

Au bout de 2 kilomètres ça commence à marcher au bout de 3 on est dans le dur : des chemins très pierreux (ça ressemble à « la belle Aurore » en plus raide), abrupts, techniques et qui demandent de la puissance.

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Globalement Pierre et Stéph’ mettent un gros rythme sur ces montées, ça va trop vite pour moi, je refuse de m’accrocher pour ne pas m’user sur cette partie, on fait donc le Yo-Yo (alors que je ne cherche pas spécialement à les rejoindre), je ne comprends pas trop ce qu’ils font, s’ils m’attendent ou pas, mais bon je fais ma course... 

Je crois comprendre que Pierre gueule parce que Stéph va trop vite, mais hé, que serait Laurel sans Hardy hein ? ;-)

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Je monte donc quasi tout seul pendant une heure trente...

Comme à l’habitude, les premières heures sont douloureuses, physiquement et mentalement.

Mentalement, je suis parasité par des pensées stupides qui ne correspondent nullement à mes envies : pourquoi continuer... pourquoi souffrir...

Et ces pensées touchent un peu leur cible parfois...

Non, je déconne hein, plutôt crever que d'abandonner.

Non, je déconne hein, plutôt crever que d'abandonner.

Fait incroyable en montagne, plus on monte plus ça caille méchamment (nous sommes partis par un prompt renfort à près de 20 degrés à Vernet), on sue beaucoup sur cette première montée, un poil dangereux ça. 

Sur une transition dans cette montée, je m’arrête, et je mets un pull, pas du luxe. 

Qui vois-je arriver vaillant dans l’adversité ? Mon Gillou qui marche à un train d’enfer de manière hyper régulière. 

Gilles gravissant le Golgotha.

Gilles gravissant le Golgotha.

 

Je sens que c’est le bon wagon, je m’accroche, parfois je perds quelques mètres mais je fais en sorte de rester avec lui. 

C’est ça monter à bon rythme en marchant ? Sincèrement je découvre ce jour là ce que c’est que de monter vite mais en étant sur un vrai rythme de trail : régulier, économe, les bâtons alignés. Autant vous le dire tout de suite, je vais prendre une leçon pendant de nombreuses heures dans les côtes. 

J’ai plus appris sur cette course dans les côtes qu’en un an de trail avec le club et pour cause ! Au club, on ne peut travailler que sur des courtes séquences, là le terrain de jeu, ce sont des côtes de 10 bornes...

CP 1 – Refuge des Cortalets

Nous arrivons au premier ravito (9,7 kil sur les 11) qui est important pour moi car je dois charger en eau : 2 litres, pour pouvoir aller directement jusqu’à la base de vie d’Arles (Kil 36).

Nous sommes au Refuge des Cortalets en 2H17, j’avais prévu 2H45 car l’année dernière les temps de passage étaient moyens, un peu circonspect là haut donc.

On a récupéré Pierre et Stéph’ qui venaient à peine d’arriver on les a revus dans la fin de la montée.

Un peu de soupe chaude, je m’habille, installe la lampe (en gueulant parce que les fils sont emmêlés, logique).

Je vais y arriver quand même

Je vais y arriver quand même

 

Etape 2 ­ la descente vers Arles

Gilles me dit de prendre mon temps et on repart tous les deux, Pierre et Stéph’ n’ayant pas traîné. On voit Gwen arriver au moment où on part, je le trouve vraiment marqué, je suis inquiet pour sa course…

Petit morceau de chocolat offert par Gillou, hop, on finit la montée.

Il est krôôôômignon

Il est krôôôômignon

Fort heureusement, ça commence vite à descendre, ça y est je vais pouvoir souffler enfin.

Je vais donc suivre Gilles en restant bien planqué derrière, ça me rassure qu’il mette le rythme, c’est très technique, ça m’évite de perdre des plumes à partir trop vite et puis Gilles descend bien, je pourrais passer mais je ne suis pas encore très sûr de moi et de mes cannes sur cette course.

On alterne les montées et les descentes, on rattrape Pierre et Stéph’, ils accélèrent et repartent, leur course est quand même assez bizarre... ou un truc m’échappe à ce moment de la course ?

Je commence à être un peu moins bien vers 21H, ça y est je suis rattrapé par cette saleté de transition énergétique… 

Mouiiiiiii

Mouiiiiiii

 

Je ne parlais pas donc pas de « cette » transition énergétique, mais bien de celle qui correspond à l’épuisement du glycogène musculaire et du passage à la filière longue, cette même transition qui m’avait fait mal à la SaintéLyon, aux Piqueurs, à La Maxi ou durant le WE choc au Sancy, toujours au même moment…

J’attaque donc cet infâme gel/pâte à la caféine pour avoir un coup de fouet. Je serre les dents pendant une heure et ça passe. Je ne le sais pas encore, mais je n’aurais plus un seul vrai coup de barre de la course.

On passe finalement à Batères CP2 à 22H, c’était le temps de ma feuille de route, mais je n’ai pas cela en tête à ce moment là, je commence vraiment à rentrer dans ma course.

On s’arrête pour une petite soupe et un café, et je donne mes spasfon à Pierre qui nous apprend qu’il est vraiment mal : il ne s’alimente plus, il est rattrapé par la gastro de cette semaine et du coup la course est difficile pour lui, je comprends enfin ce qui se passe.

On prend un truc chaud rapidement avec Gilles et on repart, sur une portion de route d’un kilomètre qui fait du bien... Puis nous basculons dans les chemins assez raides et techniques, j’emmène, on rattrape à nouveau Pierre et Stéph.

Pierre vient de chuter, il a mal au genou. Quand ça veut pas...

Pendant les deux heures qui suivent, Gilles aussi est vraiment mal... somnolent, fatigué de l’absence de vraie nuit de sommeil, il est dans le dur !

Je suis passé devant et c’est moi qui emmène sur toute cette longue descente, je l’attends régulièrement, on cause beaucoup, on a le temps de se raconter nos vies. Pour moi ce sera un moment très sympa, pour lui une façon de pas trop s’endormir...

- « ça va Gilles, ça t’aide un peu de causer ? »

- « Non »

- « Ok » 

(connard)

Sur les 2 derniers kilomètres, on rattrape à nouveau Pierre et Stéph, je les double et pars seul car je souhaite arriver au ravito pour avoir le temps de préparer mes affaires : je suis très lent dans ce type de situations et je ne veux pas les ralentir.

J’envoie donc un peu plus, j’arrive dans Arles, je me dis « tiens et si j’économisais la lampe ? », je l’éteins...

Et me paume... Raaaahhhhhhhhhhhhh mais quel con !!!! 

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Je vois Pierre et Stéph qui se plantent aussi et Gilles tranquillement qui nous appelle montrant le chemin (Jésus hein...). 

On repart vite, on met du rythme et on arrive à la base de vie. 

Faisons le bilan...

La Base de vie d’Arles ­ Kilomètre 36

Pierre est au plus mal, très blanc, avec des crampes d’estomac, il part voir le médecin.

Gilles est très fatigué, s’allonge sous la table pour dormir.

Stéph a faim. Il mange.

Bon.

Du coup, je me change, prépare mon sac de manière complètement désordonnée. Je suis prêt, je vais donc manger une soupe.

Pierre est au bord de l’abandon, Gilles essaie d’émerger.

Stéph a faim. Il mange.

Je regarde les sms, installe mon téléphone de façon à voir les sms débouler sur le reste de la course d’un simple geste (et donc je les verrai tous au fur et à mesure, quel pied !).

Je reprends une soupe au vermicelle car je commence un peu à m’ennuyer.

Pierre abandonne malheureusement, c’était la seule décision à prendre, je suis vraiment triste pour lui, il ne méritait pas ça.

Gilles s’habille pour repartir, finalement ça va mieux, il n’abandonne pas.

Je crois que Stéph a faim, il mange. :-)

On sort de la base de vie avec Stéph, on attend Gilles 2 minutes interminables, c’est ça les stars.

Nous sommes restés 40 minutes, c’est trop, ça me fait penser à ce que Pierre a subi sur la base de Doussard avec moi...

Etape 3 ­ vers Montalba

Nous partons d’Arles et nous allons attaquer une patate tout à fait redoutable : 4,3 kilomètres de montée, 620 de D+.

Dans cette montée, c’est clairement hard, cette pause m’a un peu coupé les jambes et surtout j’ai un truc bizarre... J’ai mal au ventre...

Pendant 20 minutes je vais avoir envie de vomir les deux soupes au vermicelle, quel manque de lucidité !!!!!

T’avais repéré Godzilla toi ? Garde tes leçons de morale sur la lucidité...

T’avais repéré Godzilla toi ? Garde tes leçons de morale sur la lucidité...

Naturellement, nous arrêtons de suivre Stéph qui monte trop vite, avec une marche plus régulière, ça va mieux, ça passe.

Globalement dans cette montée je souffre pas mal quand même car c’est très technique, ça demande beaucoup de puissance et Gilles est clairement sur son terrain (Didier Pleuchot m’avait dit que c’était sa force !).

Je repère aussi que Gilles régulièrement m’attend à la sortie d’un virage, il ne prend pas beaucoup d’avance, ça me permet de m’accrocher. Nous arrivons au sommet de cette côte bien cramés.

Je touche du doigt mes limites sur les côtes, un manque de puissance sur ces passages : je sais aller vite et être explosif sur une montée de 100m, c’est autre chose quand cette montée fait 3 kilomètres...

Stéph, lui, a battu le record de l’épreuve sous les vivats de la foule et l’organisation lui remet une bouteille de champagne pour arroser les hôtesses à (gros) seins nus.

Mmmmmhhh, Nan !

En fait, il est accroché à un arbre assez marqué par l’effort, mais il tient à peine debout et s’effondre au sol sur le chemin en essayant de s’asseoir quand on arrive. Il bougera à peine quand des coureurs passeront sur la trace et seront obligés de le contourner.

Ici, Stéphane se tenant à un arbre... Ou une coureuse de l’EPA 86 sortant de la Tomate Blanche, je m’y perds dans ces photos...

Ici, Stéphane se tenant à un arbre... Ou une coureuse de l’EPA 86 sortant de la Tomate Blanche, je m’y perds dans ces photos...

Gilles s’assoit et change la batterie de sa Petzl, je récupère.

Tout le monde se remet en route, Gilles ouvre un peu et rapidement je passe devant pour emmener le groupe dans la descente.

Au bout de 30 minutes environ, je sens que j’ai besoin de me dégourdir les jambes et que le rythme ne me convient pas trop, donc je commence à partir pour me faire un peu plaisir et sans pour autant lâcher les chevaux je relance régulièrement et rentre sur plusieurs coureurs.

Cette petite partie sera un des meilleurs souvenirs de la course : mono-trace en forêt qui permet des relances, quel pied après 9H de course !

J’arrive finalement à Montalba, CP4, et me prends du thé chaud, je discute avec les bénévoles.

Gilles arrive sous 3/4 minutes, Stéph au bout de 5/6 minutes environ, très marqué.

Je discute avec lui, je le sens touché, il me dit qu’il ne sent plus trop ses cuisses. Il se tient sur ses bâtons et ça tangue un peu.

Ce qu’il a déjà réalisé est énorme, à la hauteur des capacités hors-normes du bonhomme :  47 bornes, avec du D+, certes il a fait la prépa avec Pierre, mais il n’a pas l’expérience de la course en montagne et attaquer par un 112 bornes...

Il est hésitant sur la suite à donner, je lui dis ce que j’en pense vraiment : je lui conseille d’arrêter car là ce qui l’attend il n’y aura pas de point d’extractions avant un bout de temps... Nous allons rentrer dans le cœur de la nuit, la période la plus dure, et de surcroit, sur un passage difficile techniquement pour la montée. Il prend la décision d’abandonner.

Un bisou et on repart.

Je suis soulagé, je dois l’avouer, je le trouvais fatigué et touché mentalement et physiquement, la suite me paraissait dangereuse en pleine montagne...

Il est 3H du matin, nous aurions dû passer là vers 2H20 si j’avais suivi la feuille de route. Je ne l’ai regardée qu’une fois depuis le départ : à Arles, grand bien me fasse... 

Courir de nuit gomme un peu les dénivelés et a un côté un peu irrél, le temps est suspendu et tu avances sans trop te poser de questions, regarder ta montre... Tu attends seulement l’étape d’après, le lever du jour...

Etape 4 ­ Vers Puits à Glace ?  Ou Las Ilias ?

On part pour 2H20 de montée, 6 kilomètres et 833 de D+.

Ça va être long... en fait je vais trouver ça plus dur que le Canigou : la fatigue et la technicité nous feront monter à un rythme vraiment lent.

Là encore Gilles ouvre la route, je m’accroche et profite de son pas. Il m’attend parfois quand l’écart est de 4 à 5 mètres (ou je me fais un film), ça fonctionne bien.

« Ça fonctionne bien » - Allégorie

« Ça fonctionne bien » - Allégorie

On arrive au sommet et nous pensons redescendre. 

En fait, nous allons rester au sommet dans un passage interminable où l’on doit sauter de rochers en rochers, contourner des blocs, quelle plaie cette partie.

Dans ces moments, on se concentre et je mets en place les techniques de mentalisation de Nico.

Technique de mentalisation, se focaliser sur des petits plaisirs. Ici, le chat d’Orianne.

Technique de mentalisation, se focaliser sur des petits plaisirs. Ici, le chat d’Orianne.

Nous arrivons enfin à Puits à Glace, deux gendarmes avec de l’eau et deux trois trucs à grignoter qui nous indiquent que Puits à Glace est à 4 kilomètres en dessous, et Las Ilias encore 4 kilomètres après. 

Nous sommes attendus par la 3ème féminine qui nous engueule parce que nous sommes pas rentrés assez vite sur elle et qui demande si on peut courir ensemble. Nous acceptons naturellement et faisons une descente vraiment rapide.

Après 10 kilomètres, en arrivant à Las Ilias on se rend compte que c’étaient eux Puits à Glace... Bravo les champions ! 

Ce sera globalement le seul couac d’une organisation exceptionnelle : des balisages parfaits, des ravitos bien organisés et des bénévoles charmants.

J’aurais dû charger en eau à Puits à Glace, je le fais finalement à Las Ilias, je n’ai pas trop mal géré la boisson jusque là donc pas de souci. 

Je bois un café, on recharge, on va rester 10 minutes au chaud.

Il est 6H20, j’aurais dû passer à 5H40 pour passer sous les 24H.

Je ne regarde toujours pas le tableau de marche, je n’en sais donc rien. Je reçois juste les sms m’indiquant qui passe avec moi, où sont les autres, etc.

Etape 5 ­ Vers le Perthus

Nous repartons tous les trois, et arrivons au sommet de la principale difficulté avec le jour qui commence à se lever. Quel bonheur ce lever de soleil : il n’est pas spécialement beau, mais je sens que mon corps s’éveille lui aussi, je me sens plein de sève. :-)

Ça s’appelle l’adolescence et ça n’est pas sale.

Ça s’appelle l’adolescence et ça n’est pas sale.

 

Nous faisons une pause en haut car Gilles commence à avoir vraiment mal aux pieds.

Les descentes techniques ont effectivement pas mal sollicité la voute plantaire.

Gilles m’a dit à plusieurs reprises dans la course de faire ma course et d’y aller si je voulais, mais je ne le sentais pas, j’avais plus à gagner et à apprendre en restant donc j’ai refusé jusque là. 

Là il nous le redit, on l’attend quand même, mais l’idée commence à faire son chemin. Nous repartons au bout de quelques minutes et dans les descentes, on accélère naturellement avec la 3ème féminine, on perd Gilles rapidement.

Enfin voir les paysages, c’est tout de même un autre plaisir, ça me pose la question de cet horaire de départ en fait… Toujours est-il qu’on peut enfin 

Oui, bon en fait des fois, les paysages de montagne, ça a ses limites…

Oui, bon en fait des fois, les paysages de montagne, ça a ses limites…

Sur cette partie, ce sont des sentiers assez propres, aisés pour la relance, c’est clairement mon terrain de jeu.

Je relance de plus en plus et au bout de quelques minutes, voyant que c’était difficile pour elle de suivre, je décide d’accélérer pour partir seul, pas envie de l’attendre.

Je vais faire 5 ou 6 kilomètres devant et j’arrive au Perthus après être passé par la citadelle.

Là, Pierre et son père sont présents, ça fait un bien fou... Pierre va mieux, et il a des cannes, il court avec moi pour arriver à la base numéro 2.

La base de vie du Perthus – Kilomètre 78 : 

Bilan :

- les jambes sont top, pas de douleurs,

- pas de fatigue,

- parfaitement lucide.

Sur la base, je m’installe, on m’aide pour mes affaires.

Je me change complètement le haut, m’allège considérablement mais ne touche pas au bas.

Les pieds semblent ok, l’entre-jambes est très échauffé, mais je ne sais pas si ça ne sera pas pire si je change de cuissard donc bon... 

Je vois mon Stéph débarquer avec une tête de déterré, il est encore marqué, il prend mon camel et gère le remplissage.

Gilles nous rejoint au bout de 10 minutes, je vais tout de même rester 28 minutes sur place à discuter (en restant debout en permanence), moment vraiment sympa.

Juste avant de partir, je demande à Gilles si je l’attends...

- «  vas-y fais ta course, de toute façon, je ne sais pas si je continue, il faut que je regarde mes pieds... et puis si je continue, tu le sauras très vite, je serai juste derrière toi :-) »  

(connard, bis, je t’en foutrai de la compassion…)

Gwen est très très loin derrière, la course est difficile pour lui. Il s’accroche, c’est chouette.

Il est 9H20 : j’ai donc 7H40 pour arriver, 34 kilomètres à faire pour réussir ce challenge. 

Ça va être compliqué de le réussir, car même si je finis en forme, la fin de course est généralement plus lente, enfin c’est ce que mon manque de confiance en mes capacités me dit...

Etape 6 ­ Vers l’infini et au delà

Dans la course, parfois on se focalise sur les mauvaises choses... Ici le départ du Perthus, j’ai failli m’arrêter pour convoquer le responsable de la voirie ou pour tuer un chat.

Fumier, va... Je te souhaite de souffrir gravement, si possible d’un truc colo-rectal.

Fumier, va... Je te souhaite de souffrir gravement, si possible d’un truc colo-rectal.

J’attaque donc la montée, avec pour objectif : finir fort, et devant Gilles. Je sais que s’il repart ce sera pour rentrer, je ferai partie de ceux qu’il « ramasse ».

Hors de question. :-)

11 kilomètres, 950 de D+, un terrain de jeu idéal pour Gilles s’il lâche les chevaux. Voilà mon nouveau challenge !

Au bout de 30 minutes, je demande à Pierre par SMS où il en est : « Il remet ses chaussures, il demande si tu es déjà là-haut. ;-) » 

Le salopard !!! L’intox continue.  :-)

Il veut remonter et reprendre du temps sur cette partie (il me le dira d’ailleurs à l’arrivée), j’accélère. Il sort avec 42 minutes de retard.

Au final au CP 7 de Col de L’Ouillat, je passerai en lui ayant pris 11 min dans cette ascension (DTC), soit 53 minutes d'avance, j’en suis informé très tôt par SMS : ça sent bon, surtout qu’il n’y a toujours aucune baisse de régime à mon niveau.

A partir de là, je ne m’occuperai plus de gérer ou non l’avance sur Gilles, je cours, point.

Pour être sincère, je crois que je vais juste « oublier » cette question et revenir dans ma bulle.

Enfin, sauf à un moment : SMS de Nico,  «… c’est le dernier tiers le plus dur sur cette course, mais je sais que tu peux assurer… ». Merci Nico, t’es un pote , vraiment.

Moi, après le SMS de Nico… J’ai failli me jeter d’une falaise.

Moi, après le SMS de Nico… J’ai failli me jeter d’une falaise.

CP8, Col des 3 Hêtres vers 12H50 après 1H40 d’une ballade sur des chemins un peu monotones et un mano à mano avec un anglais qui fera tout pour m’empêcher de rentrer sur lui. 

Je le rattrape pile sur le ravito, on discute avec les bénévoles qui nous préviennent : « attention, là vous partez pour 3 kilomètres de descente très techniques, au moins une heure, puis une petite montée de 400 D+, nouvelle descente et c’est fini vous arrivez à Argelès ».

Présenté comme ça, je me dis que ça va être du gâteau.

http://www.dailymotion.com/video/xwd6p_muppet-show-mah-nah-mah-nah_fun

3 kilomètres pour relancer et distancer mon anglais (Je l’aime pas, je ne sais pas pourquoi, mais je l’aime pas), en réalité, je vais attaquer la seule partie de la course qui sera un véritable calvaire, une descente, une falaise parfois, avec des niveaux de D- entre 20 et 35%, le tout sans aucune trace, juste des passages où l’on doit sauter de rochers en rochers, mes quadri vont lâcher ici définitivement.

Je vais mettre 1H10 sur cette descente. 

La montée qui suit ne sera pas très longue mais très technique, rien d’une monotrace sympa, et il fait de plus en plus chaud. Je me fais doubler dès le début par deux coureurs, qui débarquent sans que je comprenne... Puis, j’en reprends deux, ils s’accrochent, je décide de les lâcher au train dans la montée, ils explosent. C’est bon ça !!!!!

Arrivée au CP9 ­ Chapelle à 15H. 

C’est gagné. Pourtant, je ne vais penser qu’aux poursuivants, car je me suis fait doubler sur le ravito par un coureur qui lui, ne s’arrête pas. Quel imbécile !

Je finis la descente en roue libre et un peu moins lucide, je ne sais pas si j’ai vraiment du monde derrière moi et j’accélère dans Argelès pour éviter de me faire doubler (dans les faits, le 50ème, mon anglais, arrivera 16 minutes après moi...) et me tape 3 ou 4 kilomètres à bon rythme.

Ligne d’arrivée à 15H53, en 22H51 de course. J’ai donc mis 6H31 pour faire ce dernier tiers de 34 kilomètres au lieu des 7H40...

Pierre m’attend à 200m de l’arrivée, on avance un peu ensemble et il me laisse finir…

Je pense ne pas être bien frais sur la ligne d’arrivée, je n’exulte pas spécialement, trop fatigué.

Gwen, Gilles et moi sur la ligne de départ / sur la ligne d’arrivée.

Gwen, Gilles et moi sur la ligne de départ / sur la ligne d’arrivée.

Classement

Je n’ai pas trop le classement suivi durant la course, je voyais les messages de mes enfants qui étaient à fond et s’en chargeaient.

Je regardais ça d’un air amusé sans y attacher trop d’importance, seuls les SMS étaient importants.

Les points de passage.

Les points de passage.

Classement dans la course :

CP1 : 70ème

CP2 : 67ème

CP3 sortie : 74ème

CP5 : 63ème

CP6 sortie : 54ème

CP7 : 54ème

CP8 : 50ème

CP 9 : 48ème

Arrivée : 49ème.

La course

Au final cette course, tant décriée l’année dernière s’avérera être la même cette année ! J’étais persuadé qu’ils la rendraient plus roulante.

Il n’en fût rien : c’était le même parcours qui avait tant fait jaser sur les blogs et qui avait fait fuir les participants (la moitié de moins cette année, à tel point que nous nous demandions s’ils pourraient la maintenir).

Nous nous sommes donc retrouvés dans une course extrêmement difficile (heureusement très bien organisée et balisée) et technique, trop pour notre 1er + de 100 kil, mais quel baptême du feu...

L’après-course

Je vois des coureurs arriver au fur et à mesure bien amochés, marchant péniblement, parfois l’organisation les arrête et filme une interview.

Je trouve ça un peu dur vu leur fatigue...

La boite de com’ sur la ligne d’arrivée, en pleine interview.

La boite de com’ sur la ligne d’arrivée, en pleine interview.

La suite sera un long parcours du combattant...

- D'abord douche, assez loin et à l’eau froide, ça c’est moyen.

- Puis les soins : 

Ma grande traversée 2015 - par JPBH
  • Bilan, deux podologues à temps plein pendant 10 minutes, le talon droit qui n’est qu’une cloque, les orteils bien enflammés avec pas mal d’ampoules. Ils vont faire mumuse avec des seringues et l’éosine...

Point positif ? Je n’ai rien senti jusqu’à l’arrivée, juste une vague sensation que ma peau bougeait sous mes pieds...

C’est aussi à cela qu’on voit qu’une course est très technique, les descentes pierreuses font beaucoup de dégât.

  • Temps de kiné pour un petit massage qui ne servira pas à grand chose mais calmera le feu des cuisses et des mollets.

- Puis un petit Mac Do, et ensuite tout sera une longue descente dans un demi coma avec une lucidité de plus en plus précaire... 

J’essaie de tenir la conversation avec Pierre et Stéph, puis avec Gilles qui arrive au bout de 24H10.

Moi j’ai fait 22H51 (c’est important de le re-préciser pour ceux qui auraient déjà oublié).

Arrivée de Gwen au bout de 28H de course, je suis dans la voiture, je dors, désolé mon Gwen…

Je repense aux photos de Vincent à l’arrivée du Tor des Géants et me dis qu’à mon humble niveau de course, je ne dois plus en être très loin...

En fait, j’ai écrit ça juste parce que je voulais mettre cette photo de Vincent Hulin à l’arrivée du Tor des Géants.

En fait, j’ai écrit ça juste parce que je voulais mettre cette photo de Vincent Hulin à l’arrivée du Tor des Géants.

Moi je ressemble plutôt à ça (bien rougeaud pépère) :

Je voudrais vous y voir après 22H dehors…

Je voudrais vous y voir après 22H dehors…

 

- Arrivée à la maison vers 5H30 du matin le dimanche, on marche salement  en canard...  et là idée lumineuse : tiens si je prenais une demie-heure pour vider les sacs, madame descend et me rejoint pour discuter pendant que je fais le tri des affaires.

Madame descend et...Oh c’est quoi ce bordel ??

Madame descend et...Oh c’est quoi ce bordel ??

Donc Madame descend et s’installe à mes côtés, on papote :

Excusez sa tenue négligée, il n’est que 5H30 du matin après tout...

Excusez sa tenue négligée, il n’est que 5H30 du matin après tout...

 

- Le dimanche réveil vers 11H15, la journée se passera entre le canapé et le jardin pour essayer de se dégourdir les jambes un peu.

Le lundi matin pesée officielle, 75,8. Je pesais 78 kilos le vendredi matin de la course, j’ai donc dû perdre entre 3 et 5 kilos durant la course, je ne m’y attendais pas spécialement (et je ne le ressens pas spécialement d’ailleurs).

Le lendemain et la semaine qui suit seront tout de même bien au radar, une fatigue générale importante...

En revanche pas les petites phases de « moins bien » en terme d’humeur aperçues après la Maxi et qui sont bien connues des traileurs.

- Maintenant, on se focalise sur la récup’, et on attend le programme 2016 du club, afin d’essayer d’y coller.

Vous commencez à être sérieusement désobligeants.

Vous commencez à être sérieusement désobligeants.

Les enseignements ?

- la prépa avec Nico : validée

- le protocole hydratation : validé

- la gestion d’avant-course : validée (enfin)

- la tactique de course : ok, réflexion à poursuivre

- plus de 100 kil : ok

On peut donc commencer à regarder au dessus en 2016... A suivre !

 

Caresses et bises à l’oeil.

Jp.

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