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Aquaterra 2015 - Delphine

Publié le par Nicolas CERISIER

 

Après un début d'année difficile sur le plan sportif, en raison de petites hernies discales et d'une fatigue récurrente liée à de l'anémie, je décide de contacter Nicolas à la mi mai. A ce moment là, je me sens démotivée et lassée, n'arrivant plus à suivre le rythme des entraînements programmés au sein de mon club, l'EPA 86. Dans le cadre de ce coaching personnalisé, je souhaite qu'il me propose un plan d’entraînement plus varié, introduisant davantage de vélo route, VTT, renforcement musculaire et course à pied bien sûr ! Mon prochain objectif est prévu pour le 11 juillet 2015, une course de 70 km et 3300 m D+ dans le cadre de l'Aquaterra à Bort-les-Orgues, qui doit être réalisé en un « Tour de Cadran » (12 H) maximum. Loin des trails de montagne, le profil en dents de scie de ce 70 km présage une course plutôt difficile.

Le 11 Juillet 2015, jour de l'épreuve

Arrivés à 6 H 15 à Bort les Orgues avec l'ami Jean Pierre (Pouplin), une navette nous emmène au barrage EDF surplombant la ville et qui se trouve être le point de départ de cette course. Sur place, nous sommes surpris de voir peu de coureurs, une bonne centaine et tout au plus une dizaine de femmes. La canicule des derniers jours en aurait-elle dissuadé plus d'un ? Pourtant, le ciel est légèrement couvert ce matin là et les températures ont un peu baissé. Ouf!

A 6H50, les dossards sont pointés et les premières consignes sont données. L'organisatrice nous rappelle le caractère exigeant de cette course : « Le départ est assez roulant, mais gardez en sous le pied, ça commence à devenir technique à partir du 14ème kilomètre. Et quand vous serez arrivés au 40ème, vous ne pourrez pas dire que le pire est derrière vous, puisque le parcours va devenir encore plus technique avec beaucoup de monotaces en devers »...La messe est dite ! La pression monte mais je sais qu'il ne faut pas s'emballer dès le début.

Aquaterra 2015 - Delphine

Le parcours

Le départ

A 7H02, le compte à rebours est lancé et le départ est donné. C'est parti ! Les 1ers kilomètres vont aussi être l'occasion de voir si je suis dans un bon jour ou pas. Jean Pierre et moi suivons un petit groupe de coureurs à un bon rythme, si bien que nous arrivons assez vite au magnifique château du Val situé à 5 km du départ, puis au premier point d'eau à Anglard. Nous continuons notre petit bonhomme de chemin sans difficulté et arrivons après 2 heures de course au 2ème point d'eau de Beaulieu où nos accompagnateurs du jour, Patrick et ma mère nous attendent. Patrick m'annonce n'avoir vu que 2 filles devant moi mais sans trop s'avancer. 5 km pour rejoindre le premier ravitaillement de la course, nous ne traînons pas et repartons. A ce stade, pas de difficulté majeure, le terrain devient un peu plus technique mais Jean Pierre accélère à chaque descente, m’entraînant derrière lui. Je me prends très vite au jeu et faisons même la course dans la longue descente qui nous mène jusqu'au 21ème km, au ravitaillement de l'Artensial. Vraiment tout va bien, les jambes répondent bien et le souffle est là !

Aquaterra 2015 - Delphine

Le château de Val

Le 1er ravitaillement : l'Artensial (21ème km)

Ce premier ravitaillement est aussi l'arrivée des 20 km de l'Aquaterra. L'animateur nous demande nos impressions à ce stade de la course, je lui dis que ça va mais que le terrain devient technique. Avec un petit sourire, il me répond que « Non, c'est rien, c'est de l'autre côté du lac que ce sera technique ». Décidemment !

Je ne perds pas trop de temps, mange rapidement et remplis ma poche à eau, gardant bien en tête la recommandation de Nicolas sur une bonne hydratation tout au long de cette course, dont le profil est source assurée de crampes. J'attends Jean Pierre qui soigne une ampoule mais il me dit de repartir sans lui. Je repars donc seule et derrière un couple de coureurs, qui vient de me dépasser et que je vais être amenée à recroiser plusieurs fois sur cette course.

Je finis par les doubler assez vite dans une descente mais ils s’accrochent ce qui m’oblige à maintenir un certain rythme, sur un terrain qui devient plus accidenté, côtes et descentes se succédant, avec quelques passages à guets, de cordes et de sentiers en devers jonchés de racines et couverts de cailloux. Cette forêt plus ou moins dense nous protège au moins du soleil qui vers midi, finit par percer, avec la chaleur qui s’installe. Au point d’eau de La Renaudie (vers 25ème km) et de Puy Derrière (30ème km), je prends soin de m’hydrater et m’alimenter rapidement, remplir en eau, ce qui fait l’avantage du couple de coureurs qui revient à chaque fois, me dépassant . Cet empressement me met la puce à l’oreille et je les soupçonne de jouer une bonne place pour la féminine, peut- être même un podium. A cette idée, mon esprit se met alors en mode compétition, et décide de me battre pour ne pas me faire voler une place.

Le 2ème ravitaillement : les Manants de Port-Dieu (40 km)

Après 6 heures de course, j’arrive une bonne dizaine de minutes avant le couple sur ce 2ème et dernier ravitaillement de la course. Les chemins en devers commencent à épuiser légèrement les jambes, donc je décide de me poser quelques minutes pour reprendre un peu de force. Mes accompagnateurs sont là, ça fait du bien au moral ! Le temps de refaire mes boissons spécifiques, et voilà que je repars quelques minutes plus tard derrière le couple qui n’a pas pris le temps de s’alimenter. Encore 30 km de course, j’espère que ma stratégie a été la meilleure. En les rejoignant à peine 5 minutes plus tard dans une longue montée, je décide de rester derrière pour ne pas me griller. Mais tout d’un coup, dans cette montée en devers, la femme glisse et souffre une crampe, j’en profite pour les doubler et essaye de creuser cette fois ci !

Néanmoins, après avoir donné un bon rythme dans la descente qui a suivi, je commence à ressentir les jambes et suis à plusieurs reprises à la limite de crampes dans les mollets.

Au point d’eau de Monestier Port Dieu (vers le 46 ème km), un bénévole m’annonce, après avoir prélevé mon dossard, que les grosses difficultés de la course arrivent maintenant, et qu’à allure de course (oui, ben là, ça varie entre les coureurs quand même !!), il y en a au moins pour 1H30 jusqu’au prochain point d’eau, Outreval ». Je repars cette fois ci sans me faire rattraper, c’est plutôt bon signe. Alors que tout se passait plutôt bien, j’arrive dans le dur vers le 50ème km, les côtes et chemins en devers sont usants mais j’essaye de donner du rythme dans mes descentes. Je tiens mentalement en me disant que les autres coureurs doivent fatiguer aussi dans ce devers qui durera plus de 10 km ! A cela s’ajoute une crampe dans l’épaule droite que j’essaye de faire passer tant bien que mal.

Sur la rive droite du lac, quelques points de vue, notamment le château du Val, me donnent des indications sur l’avancée du parcours.

Enfin Outreval, dernier point d’eau : situé en plein soleil, un bénévole m’accueille avec le sourire et un pulvérisateur d’eau tant les températures ont monté. Bien aspergée, je repars de nouveau sans revoir le couple de coureurs, et cela booste mon mental. Il reste une quinzaine de kilomètres et le parcours redescend progressivement vers le barrage. Seule inquiétude, la dernière montée vers Aubazine, au 63ème km, alors que je n’ai plus de jambes. Même les portions plates sont parfois marchées ou courues avec bâtons. La vue de mes accompagnateurs au 61ème km à Le Chassand me redonne un peu de courage pour finir. Idem lorsqu’un petit groupe de randonneurs m’annonce que je suis la 3ème féminine qu’ils croisent sur leur parcours (1 sur le 107 et 1 sur le 70), et m’encourage pour ne pas me faire dépasser.

Aquaterra 2015 - Delphine

Le podium

 

La dernière côte est enfin là, au 63ème km, juste après le château de Pierrefitte qui a ouvert son portail pour nous. Dur, trop dur, je marche péniblement dans cette interminable côte ou je bénis d’avoir mes bâtons avec moi, au vu des randonneurs glissants sur ce terrain sec. Je n’attends plus que d’être en haut pour me laisser couler vers Bort-les-Orgues. D’abord douce, la descente vers l’arrivée devient plus raide et sur bitume, mettant une dernière fois mes cuisses à l’épreuve. Les maisons du bourg apparaissent, ça sent la fin, j’accélère dans la descente en espérant encore boucler mon parcours en moins de 11 heures.

Chose faite, mon "Tour du cadran" a duré 10H58min et 53 secondes, avec la satisfaction d’une course bien gérée et l’immense joie de finir sur la 2ème marche du podium.

Merci à toi Nicolas pour m’avoir accompagné pendant ce mois et demi de préparation, de m’avoir donné tous les conseils utiles au trail que j’ai essayé de mettre en application sur cette course, et de m’avoir redonné plaisir à courir tout court.

Et merci à mes accompagnateurs et à Jean Pierre pour cette agréable week-end passé en terre cantalienne… et/ou corrézienne.

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