Récit Andorra Ultra-trail Mitic

Publié le par Nicolas CERISIER

Récit Andorra Ultra-trail Mitic

Un monstre de cailloux et de dénivelée. Ainsi pourrait-on qualifier cette course « Mitic ». Pour les initiés, les chiffres sont éloquents : 112 kms pour 9700 m D+, soit un rapport Distance/ Dénivelée incroyable. Voilà pour les considérations techniques. Côté plateau maintenant, le Mitic était une course inscrite au championnat de skyrunning espagnol. Je pouvais donc compter sur des hispaniques aux dents longues. Pour autant les français n’étaient pas en reste, avec la participation du vainqueur de l’édition précédente ainsi que de quelques noms connus du monde du trail.

Il est 22h en ce 11 juillet 2014. La date est choisie en fonction de la pleine lune. Ajoutons au symbole qu’il s’agit même d’une « super lune » et que l’Andorre est un des rares territoires pyrénéens où les nuages ne viennent pas gâter ce phénomène naturel. En somme, tous les éléments sont réunis pour une belle fête.

Le coup de feu me fait vite revenir les Cascadia® sur terre. Comme de coutume, le peloton démarre rapidement. A l’écoute de mes sensations, je ne m’emballe pas et laisse partir. La première difficulté me confortera dans ma stratégie : 1400m de D+ d’une traite. Déjà les premières paires de running tombent et je franchis le premier CP (km 10) en 13ème position. 10 kms plus tard, je suis 7ème. Nous sommes au pic de Coma Pédrosa, point culminant de l’Andorre (2946m). Ici, je commence à me sentir bien et rentre peu à peu dans ma course. Enfin quand je parle de course, prenez-le au sens figuré. Au sens propre, il s’agit plutôt de marche, d’escalade, voire de funambulisme nocturne. Le terme « skyrunning » prend ici tout son sens.

C’est désormais en solitaire que je progresserai dans ce terrain technique. Au col de la Botella (km 30), je profite d’une portion de route pour couper ma frontale. Instant magique pendant lequel la « super lune » tient toutes ses promesses. Son halo géant illumine la montagne andorrane, renforce son côté hostile et met en exergue ses pics acérés. Moment de solitude devant tant de fascination…

Mais rapidement la réalité de l’Ultra trail va me rattraper et il me faudra gérer quelques soucis gastriques jusqu’à la mi-course. Malgré tout je ne m’en sors pas top mal, et gagne des places en m’arrêtant moins longtemps que mes concurrents aux différents ravitaillements.

A la base vie « Bordes d’Envalira » (km 76), mon poursuivant me rattrape. Commence alors une autre course, où il faudra que je sorte de ma « zone de confort » (tout est relatif) pour préserver ma place. Que ce fût difficile : « Droit dans la pente » pourrait être le leitmotiv des organisateurs andorrans. Alors qu’en France nous gravissons les sommets en zigzag, eux ne prennent même pas le zag. De drôles de zigues !

Trois ascensions de 1000m D+ vont s’enchainer ainsi. Je serre les dents, ne craque pas. A me retourner sans cesse, j’ai plus mal au cou qu’aux jambes ! Mais non, personne ne me rattrape. Je savais qu’en franchissant le dernier sommet en 4ème position, je maintiendrai ma place. Mais avant la délivrance, la souffrance. La dernière descente ne fait pas moins de 16 kms. Mes pauvres fibres musculaires vont s’en souvenir un bon moment. Preuve de ma lassitude, je chute au dernier km, me prenant le pied dans un caillou qui devait dépasser d’au moins… 2 cm ! La honte ! Et surtout la grosse douleur !

J’en termine le genou en sang, que des tonnerres d’applaudissements vont rapidement cicatriser. Au final je suis donc 4ème au Scratch. Une médaille en chocolat, certes, mais une place que je savoure. Et puis petite satisfaction personnelle, je termine quand même 1er français. Place désormais à une nouvelle prépa : l’UT4M, petite promenade de santé de 160 kms !

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